24 juin 2006
Vous avez déjà bu de l’or ?
Pour l’amateur de vin néophyte et curieux que je suis, il est des
moments privilégiés qui nous sont offerts et qu’il faut savoir
apprécier. En l’occurrence un banal, bien que très intéressant, cours
d’œnologie sur les vins de Loire chez un caviste parisien qui fut rendu
magique par la dégustation d’un vin supplémentaire dont j’avais lu et
entendu les éloges mais pas encore goûté les secrets. Ce vin, c’est
Maria Juby 2002, vin de table de Patrick Baudouin. En réalité c’est un
Coteaux du Layon, appellation de Loire produisant des vins blancs
liquoreux à qui on refusa l’agrément en raison d’un degré alcoolique
trop faible (8,5%). Mais au-delà de son état civil, ce vin est
surtout une pure merveille, incomparable. La robe est or, le nez exalte
miel et agrumes. Et la bouche !! elle est doucereuse, sirupeuse avec
une finale d’une superbe longueur, le tout équilibré par une acidité
remarquable. Mais ces mots sont bien ridicules et trop faibles pour rendre
compte de l’inexplicable plaisir que procure ce vin. La bouteille fait
seulement 50cl et à la fin du cours on était autant déçu de ne pas
prolonger le bonheur qu’heureux d’avoir pu y goûter. Vous avez déjà bu
de l’or ? Non. Moi si...
Fiche du vin : Maria Juby – Vin de table – vin de Loire blanc liquoreux
- 2002
22 avril 2006
Hip Hip Hip Poujeaux !

Quand on évoque les vins du Médoc, il vient à l’esprit les appellations communales classées : Margaux, Saint Julien, Saint Estèphe et Pauillac. Certes, mais c’est mettre de coté deux appellations qui, si elles n’ont eu droit au classement des crus classés et ainsi sont restées plus confidentielles, n’en sont pas moins dignes d’intérêt : Moulis-en-Médoc et Listrac-Médoc. Pour ma part, je vais parler de celle que je connais le mieux, c'est-à-dire Moulis, à travers lun de ses plus grands représentant : le château Poujeaux, classé cru bourgeois exceptionnel. Il y a quelques mois, la RVF (Revue du Vin de France) a tenté de remédier au fait qu’aucun représentant de ces deux appellations (surtout Moulis où l’on compte plus de grands vins qu’à Listrac) ne figure dans le classement de 1955 en proposant un classement réactualisé et en y incluant la totalité des appellations médocaines. Ils font ainsi figurer parmi les crus classés les châteaux Poujeaux et Chasse-Spleen. Le château poujeaux est considéré à la hauteur d’un 4e grand cru classé et, je peux vous le dire, c’est amplement mérité, car il m’est déjà été donné de goûter certains cru classé qui ne sont pas à la hauteur de Poujeaux en terme de race et d’élégance. Le millésime 1990, très agréable à boire dès maintenant, est superbe : à une robe grenat sombre aux reflets ambrés succède un nez subtile et séducteur mêlant fruits rouges et notes empyreumatiques et la bouche, toute en élégance, soutenue par de très beaux tannins fondus dans ensemble racé qui tapisse le palais se termine sur une superbe finale d’une très bonne longueur. Une sublime bouteille ! S’il est vrai que sont prix actuel sur le marché est rédhibitoire, on n’est jamais à l’abris d’une jolie découverte dans une cave de la famille ou chez des amis et, dans ce cas là, n’hésitez pas, ouvrez là et … régalez-vous !
Fiche du vin : Château Poujeaux – Moulis en Médoc – Bordeaux (Médoc) rouge - 1990
Trilogie – épisode 1
Il n’y a encore pas si longtemps que ça, les vins blancs n’avaient pas ma sympathie : sur du poisson, c’était inévitable mais j’étais en quelques sortes frustré de na pas manger une bonne viande rouge pour ouvrir une bonne bouteille de la même couleur ! Aujourd’hui j’ai passé le cap, et tant mieux ! Mon mauvais a priori relevait surtout de ma méconnaissance des vins blancs. Car à vrai dire, que connaissais-je des blancs ? juste ce qui sortait de la cave – constituée à 90% de grands bordeaux rouge classés - de mon grand-père, c'est-à-dire un ou deux bordeaux sec, un pouilly fumé, un sauternes, accompagnés de quelques vagues souvenirs de vins d’alsace, mais guère plus. C’est bien maigre, me diriez vous, mais surtout ce n'est pas représentatif de la diversité des blancs français que j’ignorais jusqu’alors. Aujourd’hui, alors que, par le biais de divers circuits, mes dégustations se multiplient et surtout se diversifient, je commence à apprécier de plus en plus les vins blancs et mes préférences en terme de structure, d’arômes et plus généralement de style de vins s’affirment et s’affinent. Pour mon premier commentaire sur les blancs, j’ai donc décidé d’ouvrir sur un de mes plus beaux coups de cœurs. Il ne s’agit pas d’une « grande » appellation réputée en blanc bourguignonne, ni d’un grand graves bordelais, non, simplement d’un très beau côtes du Rhône blanc que j’affectionne tout particulièrement (Je continu mon combat contre les buveurs d’étiquette !). Découvert lors d’une dégustation chez un caviste, j’ai tout de suite été séduit : robe or pâle, nez superbe et séducteur sur le miel, bouche ample et grasse à l’attaque soutenue par un très beau support acide donnant une belle finale fraîche. Un vrai vin de plaisir très bien fait. Et d’un très bon rapport qualité/prix de surcroît ! Donc si vous êtes rétif vis-à-vis des blanc, débarrassez vous de vos a priori et lancez vous à leur découverte avec curiosité, et si jamais vous commencez par ce très sympa côtes du Rhône, vous êtes sur la bonne voie…
Fiche du vin : trilogie – Domaine Lefebvre d’Anselme – côtes du Rhône – blanc - 2003
18 avril 2006
Publicité mensongère : tout sauf classique !
Languedoc troisième ! Pour ce troisième vin du Languedoc-Roussillon à
entrer dans la catégorie coup de cœur (et avec évidence), on quitte les
AOC pour un vin de pays du Gard. Mais AOC, vin de pays ou vin de table
: qu’importe, je ne suis pas un buveur d’étiquette - en tout cas,
j’essaie aujourd’hui de ne plus l’être – mea culpa !! - ayant décidé de
ne me laissé guider uniquement par mon palais et, je vous assure, c’est
la bonne solution (pour ceux qui pourraient en douter encore) : le
plaisir avant tout ! Mais je m’égare, revenons à nos moutons, en
l’occurrence à ce Classic’ 2000. Vous l’avez compris, c’est du pur
plaisir : jolie robe grenat, nez à la fois charmeur et viril mêlant
fruits rouges et notes alcoolisées (sans être capiteux), bouche à
l’attaque souple, suivie de l’expression de jolis tannins bien mûrs
donnant une belle matière à un fruité épanoui et expressif prolongé par
une splendide finale longue.
C’est un vin arrivé à pleine maturité qui s’offre à nous, sans retenue.
Le verre terminé, on ne songe qu’à remplir le suivant. Et qu’importe la
morale, comme a dit courteline : pour savoir qu’un verre était de trop, encore
faut-il l’avoir bu ! Pour résumer : un superbe vin de soif à boire… sans soif !
Fiche du vin : Classic’ – domaine de Gressac – vin de pays du Gard –
Languedoc-roussillon - 2000
04 avril 2006
Un cadeau du soleil
Il est des vins que l’on ne boit pas mais que l’on mange. Et ce
Collioure 2004 en fait partie. J’entends déjà d’ici certains dire :
mais qu’entend il par là ? Un vin qui se mange est tout simplement un
vin gourmand, c'est-à-dire, pour faire simple, l’opposé d’un vin de
soif, léger (attention, je ne dénigre ici en rien ces vins là !) mais
au contraire il apporte de la chaleur en bouche, il possède un
caractère croquant. Je trouve d’ailleurs le terme de chocolaté très
adéquat tant cela procure le même plaisir intense que de mordre à
pleine dents dans une bonne tablette de chocolat. La gourmandise fait
donc partie de ce qui me séduit le plus dans un vin. Et ce Collioure de
schistes n’est rien d’autre qu’un grand bol de chocolat savoureux. Pas
besoin de décrire la robe, le nez, la bouche, la comparaison suffit !
Je tiens toutefois à préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’un vin
lourd, pesant, la finale apportant l’acidité nécessaire au bel
équilibre de ce vin. Inutile de préciser qu’il s’agit là d’un de mes
plus beaux coup de cœur. A déguster sur du canard, ou mieux encore….
avec un dessert au chocolat, évidemment ! Encore un chef d’œuvre du
Languedoc-Roussillon !
Fiche du vin : Schistes – Domaine Coume Del Mas - Collioure -
Roussillon rouge - 2004
Foncez sur ce Fronsac

Si les deux appellations stars du libournais sont incontestablement les fameux Saint-émilion et Pomerol, il n’en reste pas moins que les appellations Fronsac et canon Fronsac fournissent des vins plus méconnus, certes, mais de grande qualité. Le meilleur exemple en est ce magnifique Fronsac 100% merlot du château Haut-Lariveau millésime 1997 : séduisante robe sombre, superbe nez subtile et une bouche complexe et équilibrée soutenue par de beaux tanins murs et souples qui se termine par une belle finale fraîche. Un plaisir absolu sur un belle pièce de bœuf tendre !
Fiche du vin : Château Haut-Lariveau - Fronsac - Bordeaux (Libournais) rouge – Libournais - 1997
11 février 2006
Sous le charme de Margaux
Oui, je sais, beaucoup d’entre vous vont se dire : « un château margaux
en coup de coeur, c’est un peu facile et pas très original ». Certes,
il est vrai que dans une rubrique coup de cœur, on serait plus
légitimement en droit de s’attendre à des vins de qualité peu ou moins
connus, qui représenteraient de véritables trouvailles. Moi je vais
m’en tenir à cette définition du coup de cœur : le plaisir, rien que le
plaisir, quelque soit l’étiquette, le prix , la réputation. Le château
Margaux 1985 que j’ai eu le plaisir de déguster figure donc en tête des
coup de coeur et a l’honneur d’inaugurer ce blog. Quand on sait que
l’on va boire un tel vin, l’attente est énorme et l’on s’imagine
d’avance goûter quelque chose d’extraordinaire, dans le sens littéral
du terme : quelque chose de non ordinaire, dont on n’a pas l’habitude.
Et ce sur point, château Margaux ne nous déçoit pas! Des Margaux
(appellation), issus comme celui-ci de la cave mon grand-père, j’ai eu
l’occasion d’en boire : que ce soit des château Brane-cantenac,
Giscours, Lascombes, Marquis de terme .. Mais château Margaux n’est pas
un margaux , c’est Château Margaux ! Car on va bien au delà de la
finesse et de la subtilité du bouquet qui caractérise l’appellation
margaux : Sublime robe sombre, nez intense, et bouche exceptionnelle :
à l’aspect tendre, soyeux du début de bouche succède une montée en
puissance aromatique enivrant le palais et une finale d’une longueur….
Pour tout amateur de vin qui ne boit pas des grands crus toutes les
semaines, c’est un moment que l’on aimerais prolonger au maximum tant
le plaisir est intense et tant on sait que ce n’est pas demain la
veille qu’on en redébouchera une ! Donc un vin superbe, délicieux mais
surtout, tant les vins que l'on boit après ne pourront subir la
comparaison, un souvenir à vite oublier !!!
Fiche du vin : Château Margaux - Margaux - Bordeaux (Médoc) rouge - 1985
