03 août 2006
Rose bonbon
Ce vin ne sort ni d’un caviste, ni d’une grande surface et d’aucune cave familiale… Bref, voici le premier vin de ce blog déniché à la source, sur le terrain, chez le producteur. Car là est le véritable plaisir de l’amateur : la découverte du domaine, la rencontre avec le producteur, la dégustation de la gamme puis l’achat. Cette première escapade dans le vignoble se passe en Alsace, dans la commune d’Ammerschwihr, au domaine du Meywihr. Un domaine où l’accueil est sympathique, les tarifs très attractifs et dont les vins sont simples et agréables à boire, quelques uns manquant cependant d’expression et de profondeur. Mais il ne s’agit que d’un avis personnel et de toute façon, là n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la nouveauté du domaine pour le millésime 2005 : Fleur du Printemps, un rosé original obtenu à partir du pinot noir par pressurage direct. Cette méthode d’élaboration se traduit dans le verre par une robe d’un rose très pâle, presque translucide. Si la robe est transparente, en dessous c’est plutôt du genre expressif, voir exubérant. Le vin est franc, doté d’une bonne matière mais surtout ce vin est tout en fruité. Un fruité vif et croquant. Certains diraient un vin flatteur étant donné un léger manque d’équilibre à cause d’une carence en fraîcheur. Mais le plaisir est au rendez-vous et c’est bien là l’essentiel. Ce vin est une pure gourmandise et sans doute l’une des plus belles réussites du domaine. Fleur du printemps ou bonbon d’été ?
Fiche du vin : Fleur du printemps – domaine du Meywihr (André Tempé) – Vin d’alsace – rosé - 2005
14 juillet 2006
Roger ! Ferme boutique !
« Roger, Un muscadet ». La réplique favorite du Chat de Philippe Gelück accoudé au zinc reflète l’idée du muscadet qui règne dans l’inconscient collectif : un petit blanc de comptoir bien sec, pas cher et sans prétention. Que nenni ! Bien sûr, il n’y a pas de fumée sans feu et nombre de muscadets méritent leur réputation mais certains sortent du lot et il serait injuste qu’ils en souffrent. Amphibolite nature 2004 est de cette trempe là, fruit du travail d’un des papes du muscadet : Jo Landron qui travaille naturellement la vigne et le vin, reflétant ainsi dans le verre la meilleure expression du terroir. Un vin légèrement fruité alliant minéralité et iode, le tout superbement soutenue par une jolie trame acide qui s’arrondit en milieu de bouche. Et la finale tient la longueur. A servir sur des fruits de mer, en apéro ou seul, juste pour le plaisir. Je ferme les yeux, je suis en terrasse sur la côte atlantique, en plein pays nantais, contemplant la mer. Je les ouvre, je retombe sur terre, ou plutôt à Paris, étouffant en appartement, mon ver à la main. Mon choix est fait. Vous aussi ?
Fiche du vin : Amphibolite nature - Muscadet Sevre-et-Maine - Loire (Pays nantais) blanc - 2004
09 juillet 2006
Bleu Blanc … Rouge !
4 ou 5 heures tout au plus. C’est le temps qu’il reste à
attendre – à angoisser pour certains, à rêver à l’impossible pour
d’autres - avant de savoir si une deuxième étoile jaune brillera ce
soir
- et pour l’éternité - dans le ciel tricolore et sur le cœur des bleus.
Quoi de mieux pour patienter que de déboucher une bonne bouteille
bien sympathique. Oui mais laquelle ? Par exemple ce coteaux du
vendômois rouge d’Emile Hérédia, un vin de plaisir (encore un !!) du val
de
Loire, de Touraine plus précisément, 100% pineau d’Aunis. Un vin à la
robe grenat aux reflets violacés, au nez de sous-bois et à la bouche
vive et épicée qui nous livre un joli fruit soutenu par une belle trame
acide. Un vin tout en fraîcheur a boire avant ou pendant le match, car
après, si la France entre
dans la légende, on ne boira ni vin, ni champagne mais seulement … du
petit
lait !
Fiche du vin : Domaine de Montrieux - Coteaux du vendomois - Loire rouge - 2004
25 juin 2006
Top générique
Le pinot noir est à l’honneur en ce terne dimanche parisien avec un
très sympathique bourgogne générique, c'est-à-dire dont l’appellation
est simplement : bourgogne. Robe rubis pâle, nez discret développant de
jolies notes de tabac et bouche agréable marquée par la souplesse de
tannins compléments fondus et une longueur correcte. Bref, un vin
franc, frais et rond qui aura rendu ce triste dimanche un peu plus
souriant.
Fiche du vin : A Mouchoux et P Laboureau - Bourgogne rouge - 2002
24 avril 2006
Pierrevert… non ! blanc !
« Coteaux de quoi ? hein ? C'est où ? Connais pas ! » C’est pour éviter que certains d’entre vous ne fasse cette réaction devant leur écran que j’ai pensé qu’une petite présentation de l’appellation Coteaux de Pierrevert s’imposait. Eh oui, un peu de géographie et après, on passe à la dégustation, promis ! L’appellation regroupe onze communes dont celle de Pierrevert, situés au Sud de Manosque, dans la partie la plus chaude des Alpes de Hautes Provence. Vous voyez ? - Là - en bas -à droite – non - un peu plus haut – un peu plus à droite- stop c’est bon, c’est là ! Si, en terme de découpage administratif, la situation de l’appellation est claire, étant située en région PACA, çà l’est beaucoup moins en terme de régions viticoles. En effet, si la plupart des guides la font figurer dans la vallée du Rhône, certains professionnels la considère provençale. Prenez une carte viticole, vous comprendrez les débats... Quand à moi, je ne peux pas vous dire si ce vin est plus représentatif des vins de Provence ou du Rhône étant néophyte et les visiteurs issus de ces régions ne sont pas encore très nombreux à être venus visiter mon palais. Peut-être pourrais-je esquisser un jugement lorsque je publierais sur ce blog mon 1000ème commentaire… Mais en attendant, faisons fi de ces considérations géosémiologique (néologisme maison !) et prenons un verre de ce blanc qui, à la fois simple et très agréable, ravira tout le monde. La robe est très pâle, claire,d’une grande limpidité, le nez est à la fois très frais mais également aromatique avec un joli fruité d’agrumes et la bouche, bien équilibrée, est dotée d’une belle matière et d’une belle fraîcheur dans une finale remarquable avec les agrumes en rétro-olfaction. Un vin qui ravira tout amateur à la fois de vin blanc sec et frais et de vins bien fait par des vignerons qui respectent leurs vignes et donc le consommateur en lui délivrant un vin « naturel » exprimant tout ce qu’un terroir peut délivrer. Je suis ravi !
Fiche du vin : Château de Rousset - Coteaux de Pierrevert - Vallée du Rhône blanc (les guides ont gagnés!!) - 2004
19 mars 2006
Un vin qui porte bien son nom
Les vins du Languedoc-Roussillon sont en vogue et ils le méritent ! Car c’est bien la réalité que de vanter la qualité accrue des vins produits dans cette région depuis quelques années. Et la bouteille dont je vais vous parler ici, même si elle ne fait pas partie des grands vins du Languedoc, fait en tout cas honneur à un vignoble de qualité et qui mérite d’être découvert dans toute sa diversité par le plus grand nombre. A une belle robe grenat sombre succède un nez puissant d’eau de vie de fruits rouges et la bouche, souple, marquée par des tannins présents mais ronds, se termine par une longue finale gourmande, croquante. Un vrai vin plaisir, qui ne se prend pas la tête. Et nous non plus !
Fiche du vin : Plaisir des Lys – Domaine Laurraire des Lys - Minervois - Languedoc rouge - 2003
Sacré Sarget !
Pour l'amateur néophyte que je suis, et de surcroît de Bordeaux
particulièrement (mais pas seulement!), les Saint-Julien représentent
un très bon compromis en associant la puissance des Pauillac à la
finesse et la subtilité des margaux. L'appellation Saint-Julien compte
dans ses rangs parmi les plus grands second vins du médoc : château les
Fiefs de Lagrange (2nd vin du château Lagrange) , Château Duluc (2nd
vin du château Branaire-Ducru)... Les seconds vins offrent une bonne
alternative pour accéder au grands vins du médoc et goûter une partie
du vignoble du grand cru classé à un prix beaucoup plus abordable.
Elaborés à partir des vignes les plus jeunes et des cuves écartées de
l'élaboration des premières étiquettes, ils sont souvent récoltés et vinifiés avec
la même attention et le même savoir-faire que leurs aînés et certains
atteignent même le niveau d’un cru classé. Le Sarget du Château Gruaud
Larose que j'ai dégusté fait bien s'inscrit dans cette lignée. La robe
est sublimement sombre, le nez intense et séducteur et la bouche est
complexe tout en restant souple avec un coté légèrement gourmand,
friand très appréciable. Le tout est cependant soutenu par des tanins
enrobés mais pas complètement fondus, ce qui donne un caractère
légèrement austère à une finale également trop acide. Quelques années
supplémentaires en cave lui seraient certainement profitable…
Assurément un second vin de grande qualité qui laisse présager d'un
premier vin remarquable.
Fiche du vin : Sarget du château Gruaud Larose - Saint Julien -
Bordeaux (Médoc) rouge - 1996
19 février 2006
Monthélie rouge d'Eric Boussey
Il n'y a encore pas si longtemps que ça, on me disait vin, et en
particulier bon vin, je répondait Bordeaux, indiscutablement. Mais par
déformation familiale plus que par expérience et dégustations. Car s'il
m'a été donné à boire de grands Margaux et quelques Saint Julien issus
de la cave de mon grand père, j'ai en revanche, jusqu'à aujourd'hui
encore dégusté très peu de bourgognes. Et ce, en partie à cause de la
mauvaise réputation qu'ont les bourgognes tant ils sont généralement
décris comme des vins plus riches, plus alcoolisés ou plus lourd que
les bordeaux. Plus je progresse dans ma connaissance du vin, plus mes
dégustations s'intensifient et surtout se diversifient et plus idées
reçues et préjugés tendent à disparaître, et c'est tant mieux ! Je peux
donc sans scrupule dire que ce Monthélie rouge 1998 du domaine Eric
Boussey est un bon vin : joli nez de framboise, bouche souple,
légèrement grasse et veloutée à l'attaque, un peu plus rude avec des
tanins un peu serrés par la suite et une jolie finale avec une certaine
longueur. Une agréable découverte.
Fiche du vin : Domaine Eric Boussey - Monthélie - Bourgogne (côte de Beaune) rouge - 1998



