09 juin 2007
" Dans le beaujolais nouveau, ils mettent de moins en moins de beaujolais et de plus en plus de nouveau "
Brève de comptoir rapportée par Jean-Marie Gourio
02 juin 2007
La fraîcheur au pouvoir
Dans
les vins blancs, je préfère la vivacité au fruité, la fraîcheur à
l'exhubérance. Question de goûts, ça ne se discute pas... Ce Sancerre
blanc d'Alphonse Mellot semblait ainsi fait pour moi. La robe est jaune
pâle, le nez est minéral, élégant et très stylé. Et la bouche ne déçoit
pas la promesse faite aux yeux et au nez. Elle est à la fois vive,
parfaitement tendue tout en développant une belle matière et une jolie
texture... l'équilibre parfait! La fraîcheur et l'élégance de ce très
joli sauvignon en feront le compagnon idéal de tout amateur de grands
blancs secs.
Fiche du vin : Alphonse mellot - La Moussière - Sancerre - Loire (centre) blanc - 2005
28 mai 2007

" Pour moi, le goût est un mystère qui trouve indéniablement sa meilleure expression dans le vin "
Jim Harrison
27 mai 2007
Moi de mai : la rose s'en va, le rosé arrive
Le printemps. Belles journées, légère brise, jolis chants d'oiseaux. Il ne manque rien... Vraiment ? Il manque ce vin que l'on va commencer à boire et qui va assurer la transition avec l'été : le rosé. Redevenu à la mode depuis quelques années, le rosé n'est plus ce vin si longtemps méprisé et quelques bons vignerons signent d'excellentes cuvées. Le vin de table rosé du domaine Mont de Marie fait partie de celles-ci. La robe est d'un rose très pâle, le nez frais et très légèrement fruité et la bouche est d'une remarquable fraîcheur avec une jolie vivacité. En somme, un rosé bien sec mais surtout bien fait avec du plaisir à la clé. L'été ne doit pas être bien loin...
Fiche du vin : Mont de marie - vin de table (Languedoc) rosé - 2006
23 mai 2007

" Le bois doit garder ses distances, être un écrin et non un cerceuil, c'est la monture du diamant "
pascal Delbeck
19 mai 2007
Appelation vin de plaisir contrôlée
Vin de table. Mais rien à voir avec le gros rouge qui tâche, du genre la villageoise en grande surface. Non, loin de là. Il est important de faire savoir que de nombreux cavistes proposent des vins de table. Ce sont la plupart du temps des vins de vignerons de qualité qui pour des raisons de cépages, de degré alcoolique… ne rentrent pas dans les cases des commissions d’agréments qui délivrent les appellations contrôlées (et de vin de pays). Mais ces vignerons qui produisent un vin dans le respect du terroir et sans artifice préfèrent ne pas obtenir d’appellation que de trahir leur vin. Ainsi chez un caviste vous pourrez trouver des vins de table à tous les prix, cette dénomination n’étant en rien un signe d’un vin de sous catégorie et le caviste saura vous expliquer l’histoire et la provenance de ces vins. Lou Gressac est un vin de table produit dans le Gard qui n’a pas eu le droit à l’appellation vin de pays du Gard. Son prix est tout petit mais voila un vin simple, sur le fruit, souple et d’une bonne fraîcheur qui fera merveille lors des pique-niques printaniers. Un vin qui rappelle la leçon : Ce n’est pas l’étiquette ni le prix qui apporte du plaisir, c’est le vin, tout simplement !
Fiche du vin : Lou Gressac - vin de table (Gard) rouge - 2005
17 mai 2007
En avant première, un article qui va être prochainement publié dans Urban' essence, journal trimestriel de l'association des étudiants du magistère d'aménagement de Paris 1.
Boire ou conduire : il faut choisir
Au cours du premier semestre 2006, une nouvelle fit trembler le vignoble bordelais : un projet d'autoroute menaçait d'affecter l'appelation Margaux. Aujourd'hui le projet est en stand-by et l'aménageur s'empare du sujet car au-delà d'une querelle entre d'un côté les pouvoirs publics et de l'autre le puissant lobby viticole, le débat est d'une autre nature et porte sur la question de l'intérêt général, entre patrimoine et modernité.
Le vignoble
Le vignoble de Margaux, situé dans le Médoc, est
l’un des plus prestigieux du bordelais. L’AOC est de renommée internationale
avec 22 crus parmi les 60 du classement de 1855 qui semble avoir instauré pour
l’éternité (le classement n’a jamais été révisé) une hiérarchie entre les plus
grands châteaux bordelais. Nombre de crus de Margaux font rêver amateurs et
connaisseurs (Palmer, Brane-Cantenac, Giscours…) avec en tête d’affiche le mythique
Château Margaux, un de ces vins légendaires qui transforment le vin d’un
produit agricole en œuvre d’art et l’œnologie en véritable pratique culturelle.
Qui a déjà goûté de tels vins en sort ému, riche, cultivé !
Le projet

Bordeaux est situé sur le « corridor
atlantique », axe de circulation Nord-Sud qui permet les échanges entre la
péninsule ibérique et le Nord de l’Europe. Conséquence : en 2003, environ
14 300 véhicules traversent l’agglomération, dont 8 300 poids lourds et la
rocade (A630) est régulièrement saturée. Les pouvoirs publics ont donc pris
conscience de l’urgente nécessité d’un désengorgement de la rocade, d’autant
plus que les prévisions de trafic pour 2020 sont à la hausse avec une
augmentation de 6 000 véhicules par jour par rapport à 2003. L’option choisie a
été le doublement de la rocade par l’Ouest, afin de relier l’A10 au Nord à la
A360 au Sud (cf. carte) et cinq tracés ont été proposés : trois
contournant le vignoble et deux le traversant. Ces derniers tracés ont été
abandonnés par le préfet de la Gironde et le projet est en stand by, l’heure
étant à l’enquête publique.
Le débat
Comme
on peut l’imaginer, ce projet a mis en émoi tout le vignoble bordelais et son
lot de propriétaires et viticulteurs. Mais nous ne nous trouvons pas ici dans
un schéma de lobbying classique. Car si les propriétaires, représentés par leur
chef de file, Gonzague Lurton, président du syndicat viticole de Margaux,
défendent leur intérêt particulier, ils défendent avant tout l’intérêt général,
celui de la France. Un projet d’aménagement doit d’abord et avant tout répondre
à l’intérêt général. Mais dans le cas présent, où est-il : dans le
désengorgement de l’agglomération bordelaise afin de fluidifier le trafic et
d’accueillir l’augmentation des flux, ou dans la sauvegarde d’un patrimoine
exceptionnel qui participe au rayonnement culturel de la France dans le monde
et qui s’est construit depuis des siècles ? Car même si les deux projets
les plus contestés qui prévoyaient l’arrachage de dizaines de pieds de vigne
ont été abandonnés, les trois restants peuvent avoir de graves conséquences de
part la pollution qu’ils engendreraient et risquent de bouleverser le mécanisme
hydrologique du vignoble qui repose sur un équilibre fragile entre nappes
phréatiques, petits ruisseaux et zones humides, le tout alimentant un terroir
constitué de sable et de graves, terroir qui permet la meilleure expression du
cépage roi en Médoc : le Cabernet Sauvignon. Bien que ce risque ne peut
être scientifiquement prouvé, il y a des raisons d’être inquiet, à en croire
Gonzague Lurton : « J’ai des pieds de vignes qui sont morts alors qu’un
simple fossé a été creusé à proximité ». Alors une autoroute…
Une affiche certes caricaturale, mais hautement symbolique
ll
parait donc incontestable que le projet d’infrastructure routière porterait
atteinte au vignoble de Margaux en remettant en cause sa pérennité et son
excellence et il est regrettable que l’intérêt suprême la France, à travers l’un
de ses fleurons culturels n’ait été pris en compte par des hauts fonctionnaires
qui doivent sûrement être les premiers à se délecter du nectar qu’ils mettent
en péril. L’autoroute n’affecterait pas que le vignoble, elle affecterait la
France. Et même si les conséquences serait finalement peut être infimes, la
question n’est pas là. On est dans le symbolique. L’idée même de ne pas prendre
en compte l’intérêt général à travers la sauvegarde d’une partie de l’identité
française et du rayonnement culturel de notre pays est condamnable. Et il ne faut
pas avoir honte de dire qu’une partie de la France est enracinée dans ses
vignes et de s’en porter défenseur.
Arnaud Beaumont
01 mai 2007

" Manger est un besoin de l'estomac,
boire est un besoin de l'âme "
Claude Tillier
27 mars 2007
Clairac pour amateurs éclairés
Après avoir dis ce que je pensais sur les vins de supermarché dans mon précédent billet, ce vin me donne l’occasion de poursuivre ma bataille et d’étoffer mes arguments. La plupart des bouteilles vendues en moyennes ou grandes surfaces ont la mauvaise habitude d’être aseptisées, maquillées, crées pour plaire ou du moins ne pas déranger, ne pas surprendre. Les supermarchés font croire aux clients, à travers des produits aux goûts standardisés, que tous les vins d’une même appellation se ressemblent et, de plus, en mentant sur la véritable valeur des véritables produits, mais là n’est pas le sujet et j’aurai l’occasion d’écrire un billet consacré à ce point. Ainsi, qu’il choisisse n’importe quel tourraine, le consommateur aura un vin plat et acide et la diversité des terroirs, des climats et des hommes est ainsi balayée aux yeux du plus grand nombre par des produits qui ne sont pas du vin. Du moins pas le vin que j’aime et que je défends. Ce vin de pays de l’Hérault fait partie de ceux-là. Voila un vin typique, fruit d’un terroir, de cépages et du travail d’un vigneron. Le résultat n’est pas standardisé et ma première dégustation fut une véritable découverte. Ce vin ne ressemblait à aucun autre bu précédemment, il a son caractère, sa propre identité. Et c’est cette recherche qui doit faire le bonheur de tout réel amateur qui se respecte. Et mon bonheur fut comblé ! La robe est bordeaux, le nez est surprenant, développant d’agréables et joyeux arômes de griotte et de fraise et la bouche souple et gouleyante mais soutenue par une jolie matière provoque un réel plaisir, accentué par la finale qui nous rappelle que les cerises ne se sont pas échappées du verre avant qu’il ne soit bu. Bref, ce vin est un plaisir absolu et à un tout petit prix. Et si vous voulez à votre tour découvrir un vin de la sorte, abandonnez votre caddie quelques minutes et poussez plutôt la porte d’un caviste indépendant… le bonheur n’est plus très loin !

" Le vin est un professeur de goût, il est le libéarteur de l'esprit et l'illuminateur de l'intelligence "
Paul Claudel







