27 août 2006
Au bonheur des dames
« Château Margaux n’est pas un margaux ». Cette formule, accrocheuse et
surprenante, illustrait dans mon premier message, consacré au fameux
premier grand cru bordelais, le caractère puissant, viril de ce vin
d’une appellation dont les représentants misent plutôt sur l’élégance
et la finesse. Je vous présente donc aujourd’hui le premier margaux de
ce blog, en l’occurrence un château Brane Cantenac 1986, 2eme grand cru
classé . A noter que les margaux arrivent en tête du nombre de châteaux
présents dans le classement des grands crus du Médoc 1855 avec 21
étiquettes sur 61. Mais bon, ce n’est pas rang ni une note que l’on
boit et le classement ne doit pas influencer la dégustation et la
réelle appréciation du vin. Donc à table ! La robe est sublimement
sombre avec des reflets ambrés traduisant l’évolution. Le nez, à ma
grande surprise, est décevant tant il manque d’expression, d’intensité
et si pour l’éloge général de ce vin je pourrai le qualifier de subtil
ou de discret, il reste tout de même faible. Mais la bouche est là pour
nous rappeler que nous avons à faire à un grand vin. Après 20 ans de
garde, le vin est à maturité et les tannins complètement fondus nous
livrent un ensemble racé, suave et harmonieux… sans fausses notes se
terminant par une belle finale longue. Un vin qui justifie la
qualification des vins de l’appellation comme étant les plus féminins
du Médoc. Tout en élégance et en finesse, Brane Cantenac 1986 est un
Margaux. Un grand Margaux !
Fiche du vin : Château Brane Cantenac – 2ème grand cru classé – Margaux
– Bordeaux Médoc rouge - 1986
18 août 2006
" J’avais commandé un Figeac 71, mon Saint-Émilion préféré.
Introuvable. Sublime. Rouge et doré comme peu de couchers de soleil.
Profond comme un la mineur de contrebasse. Éclatant en orgasme au soleil.
Plus long en bouche qu’un final de Verdi.
Un vin si grand que Dieu existe à sa seule vue. "
Pierre Desproges
15 août 2006
Laure en b...ulles
Le chardonnay, cépage roi des grands blancs de bourgognes a le cœur
voyageur. Il a fait une halte en pays nantais, ou le melon de ..
bourgogne règne en maître, en l’occurrence chez le viticulteur Philippe
Laure et semble bien s’y plaire. Mais n’étant pas un invité officiel de
l’INAO (institut national des appellations d’origines), ce chardonnay
effervescent que j’ai dégusté, élaboré à partir de la méthode
traditionnelle champenoise, n’est étiqueté sous aucune appellation
officielle : ni AOC ni même vin de pays ou de table mais seulement :
vin mousseux de qualité. Avec de telles prétentions sur
l’étiquette, le vin se doit être à la hauteur. Et il l’est ! Le nez est
vif, à l’image d’un sylvaner ou d’un muscadet, pour faire local, la
bouche légèrement nerveuse à l’attaque, est ronde avec des bulles
fondantes et le tout est soutenu par une jolie acidité amenant une
belle finale fraîche. En somme, un vin simple, franc et rond, parfait à
l’apéritif. Du plaisir à moindre frais !
Fiche du vin : vin mousseux de qualité – Philippe Laure - vin
effervescent – Loire blanc
07 août 2006

" Quand mon verre est plein je le vide,
Quand mon verre est vide, je suis plein,
Et quand je suis plein on me vide,
Mais je me plains. "
Le Chat - Philippe Geluck
05 août 2006
La Salle à … boire
Poujeaux. Si ce nom évoque quelque chose pour vous, deux solutions : soit vous êtes connaisseur ou amateur de grands crus bordelais, soit cela vous rappelle une visite antérieure sur mon blog et une note où j’évoquais avec délice le sublime Château Poujeaux 1990, dans quel cas je suis ravi de pouvoir compter sur quelques visiteurs fidèles ! Et bien après avoir fait la connaissance du « grand » Poujeaux, je vous invite à découvrir le petit frère, en terme moins métaphorique, le second vin du château Poujeaux : La Salle de Poujeaux. Le millésime 1999 que j’ai dégusté fait honneur à ce grand domaine. La robe est sombre, le nez est subtil et développe de jolis arômes de cassis et une pointe d’encre et la bouche est impeccable : les tannins, déjà rond, associés à une très belle acidité structurent ce vin élégant dont la complexité ne masque pas le fruit et la finale est d’une très belle longueur. Un très bon deuxième vin en somme, mais surtout un très bon vin, tout simplement ! Un vin qui ravira les amateurs de bordeaux à un prix bien plus accessible que le premier vin, en particulier sur des millésimes anciens, comme le 1990. Mais que ce soit dans le châteaux Poujeaux 1990 ou dans ce La Salle de Poujeaux 1999, le plaisir est au rendez-vous et là est bien l’essentiel !
Fiche du vin : Château La Salle de Poujeaux – Moulis en Médoc – Bordeaux (Médoc) rouge - 1999
04 août 2006
Sur son lit de mort, un verre de champagne à la main :

" Hélas, je meurs au-dessus de mes moyens "
Oscar Wilde
03 août 2006
Rose bonbon
Ce vin ne sort ni d’un caviste, ni d’une grande surface et d’aucune cave familiale… Bref, voici le premier vin de ce blog déniché à la source, sur le terrain, chez le producteur. Car là est le véritable plaisir de l’amateur : la découverte du domaine, la rencontre avec le producteur, la dégustation de la gamme puis l’achat. Cette première escapade dans le vignoble se passe en Alsace, dans la commune d’Ammerschwihr, au domaine du Meywihr. Un domaine où l’accueil est sympathique, les tarifs très attractifs et dont les vins sont simples et agréables à boire, quelques uns manquant cependant d’expression et de profondeur. Mais il ne s’agit que d’un avis personnel et de toute façon, là n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la nouveauté du domaine pour le millésime 2005 : Fleur du Printemps, un rosé original obtenu à partir du pinot noir par pressurage direct. Cette méthode d’élaboration se traduit dans le verre par une robe d’un rose très pâle, presque translucide. Si la robe est transparente, en dessous c’est plutôt du genre expressif, voir exubérant. Le vin est franc, doté d’une bonne matière mais surtout ce vin est tout en fruité. Un fruité vif et croquant. Certains diraient un vin flatteur étant donné un léger manque d’équilibre à cause d’une carence en fraîcheur. Mais le plaisir est au rendez-vous et c’est bien là l’essentiel. Ce vin est une pure gourmandise et sans doute l’une des plus belles réussites du domaine. Fleur du printemps ou bonbon d’été ?
Fiche du vin : Fleur du printemps – domaine du Meywihr (André Tempé) – Vin d’alsace – rosé - 2005
18 juillet 2006
Un petit conseil pratique pour juillettistes et aoutiens sur la route des vacances ...
" Je regarde la carte des vins pour éviter les bouchons "
Raymond Devos
15 juillet 2006

" Qui sait déguster ne boit plus jamais de vin mais goûte ses secrets "
Salvator Dali
14 juillet 2006
Roger ! Ferme boutique !
« Roger, Un muscadet ». La réplique favorite du Chat de Philippe Gelück accoudé au zinc reflète l’idée du muscadet qui règne dans l’inconscient collectif : un petit blanc de comptoir bien sec, pas cher et sans prétention. Que nenni ! Bien sûr, il n’y a pas de fumée sans feu et nombre de muscadets méritent leur réputation mais certains sortent du lot et il serait injuste qu’ils en souffrent. Amphibolite nature 2004 est de cette trempe là, fruit du travail d’un des papes du muscadet : Jo Landron qui travaille naturellement la vigne et le vin, reflétant ainsi dans le verre la meilleure expression du terroir. Un vin légèrement fruité alliant minéralité et iode, le tout superbement soutenue par une jolie trame acide qui s’arrondit en milieu de bouche. Et la finale tient la longueur. A servir sur des fruits de mer, en apéro ou seul, juste pour le plaisir. Je ferme les yeux, je suis en terrasse sur la côte atlantique, en plein pays nantais, contemplant la mer. Je les ouvre, je retombe sur terre, ou plutôt à Paris, étouffant en appartement, mon ver à la main. Mon choix est fait. Vous aussi ?
Fiche du vin : Amphibolite nature - Muscadet Sevre-et-Maine - Loire (Pays nantais) blanc - 2004





